PESSAC : LE FILM D’HISTOIRE CHANTE BELLA CIAO
Pessac, cinéma Jean-Eustache, du 17 au 22 novembre 2026

Pendant six jours, Pessac va parler italien. Du mardi 17 au dimanche 22 novembre 2026, le Festival international du film d’histoire fête sa 36e édition au cinéma Jean-Eustache avec un thème qui sent le café serré et la résistance : « Italie, Bella Ciao ! ». Une cinquantaine de films italiens, des débats avec des historiens, du néoréalisme en noir et blanc et, pour finir, un Nanni Moretti en avant-première. Andiamo.
Six jours, cinquante films, un pays entier

Chaque mois de novembre, c’est la même chose. Le cinéma Jean-Eustache, place de la Ve République, se transforme en grande salle de classe où personne ne s’ennuie. Le Festival international du film d’histoire de Pessac fait partie de ces rendez-vous que les cinéphiles du Sud-Ouest cochent dans l’agenda dès qu’ils voient tomber les feuilles. Le principe ne change pas : on regarde des films, et on discute de l’histoire qu’ils racontent avec des gens qui la connaissent vraiment.
Cette année, le festival a choisi un seul pays, et pas n’importe lequel. L’Italie. Le festival annonce une cinquantaine de films italiens au programme et une trentaine de débats en présence d’historiens, de géographes, de personnalités politiques ou scientifiques. Fiction, documentaire, grands classiques, films récents : tout le monde est invité à la table.
Le titre de l’édition, « Italie, Bella Ciao ! », dit déjà beaucoup. D’un côté, le chant des partisans, celui que l’Europe entière a fini par connaître par cœur. De l’autre, un pays qui n’a jamais cessé de se raconter à travers son cinéma. Le parcours annoncé va de Machiavel à Meloni. Cinq siècles d’histoire, des princes de la Renaissance à la présidente du Conseil actuelle, en passant par le fascisme, la Libération et les années de plomb.
Derrière la programmation, on retrouve François Aymé, délégué général du festival, et Julia Pereira, déléguée générale adjointe. Ils présentent eux-mêmes cette édition aux étudiants dès le premier jour, lors d’une rencontre organisée avec l’université. Le ton est donné : ici, l’histoire se partage, elle ne se récite pas.
1946-2026 : la République italienne a 80 ans
Pourquoi l’Italie, et pourquoi maintenant ? Parce que 2026 est un anniversaire. Le 2 juin 1946, par référendum, les Italiens choisissent la République et tournent la page de la monarchie. Quatre-vingts ans plus tard, le festival s’ouvre précisément là-dessus.
La conférence inaugurale du mardi 17 novembre est confiée à Marc Lazar, l’un des grands spécialistes français de l’Italie contemporaine. Son sujet : « 1946-2026, la République italienne a 80 ans ». De quoi poser le décor avant de plonger dans les films.
Et l’actualité n’est jamais loin. Le jeudi 19 novembre à 20h30, une table ronde montée avec l’IJBA, l’école de journalisme de Bordeaux, se penche sur les relations entre la presse italienne et le gouvernement de Giorgia Meloni, au pouvoir depuis octobre 2022. Un sujet qui parle aussi à ceux qui, comme nous, font de l’information chaque jour.
Le mercredi 18 novembre, place à une autre histoire, plus intime et très proche de chez nous : celle de l’émigration italienne. Carmela Maltone-Bonnenfant, spécialiste du sujet, vient en parler. Dans le Sud-Ouest, beaucoup de familles portent un nom qui chante en « -i » ou en « -o ». Elles sauront de quoi on parle.
Le vendredi 20 novembre à 10h, l’historienne Anne-Marie Cocula, figure bien connue de l’histoire régionale, propose de son côté une causerie. Un bon prétexte pour poser une demi-journée de congé.
Rossellini, Magnani et la naissance du néoréalisme

Impossible de parler d’Italie et de cinéma sans passer par le néoréalisme. À la fin de la guerre, Rome sort à peine de l’occupation. Les studios manquent de tout. Alors Roberto Rossellini tourne dans la rue, avec des comédiens professionnels et des inconnus, dans des décors qui n’en sont pas. En 1945, il sort Rome, ville ouverte. Le film raconte la résistance romaine sous l’occupation allemande. Il reçoit le Grand Prix au premier Festival de Cannes de l’après-guerre, en 1946, et change pour toujours la façon de filmer le réel.
Dans ce film, il y a Anna Magnani. Une actrice qui ne joue pas, qui vit. Sa course derrière un camion, dans une rue de Rome, reste l’une des scènes les plus bouleversantes de l’histoire du cinéma. Face à elle, Aldo Fabrizi incarne un prêtre qui aide la Résistance. Magnani deviendra une star mondiale et décrochera même l’Oscar de la meilleure actrice en 1956.
Rossellini enchaîne avec Païsa, sorti en 1946, qui suit la remontée des Alliés à travers l’Italie, de la Sicile jusqu’au delta du Pô, en six épisodes. Le festival le programme le mardi 17 novembre à 13h30 et le jeudi 19 novembre à 14h. Voir ce film sur grand écran, c’est comprendre d’un coup pourquoi tant de cinéastes, de la Nouvelle Vague à aujourd’hui, ont regardé vers l’Italie.
Après Rossellini, il y aura Vittorio De Sica et son Voleur de bicyclette en 1948, puis la folie de Federico Fellini, Palme d’or en 1960 avec La Dolce Vita, et le faste de Luchino Visconti, Palme d’or en 1963 avec Le Guépard. L’Italie a donné au cinéma mondial une bonne partie de son vocabulaire. Le festival en est bien conscient.
Bella Ciao, la chanson qui a traversé les époques

Revenons au titre. « Bella ciao » est associée aux partisans italiens qui ont combattu le fascisme et l’occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle devient après-guerre l’hymne de la Résistance italienne, chantée dans les cortèges, les écoles, les fêtes de village. Puis le monde entier la reprend : manifestations, stades, plateaux télé.
Plus récemment, toute une génération l’a découverte grâce à la série espagnole La casa de papel, lancée en 2017. La chanson qui accompagnait les maquisards est devenue celle d’une bande de braqueurs en combinaison rouge. Pas mal, comme parcours, pour un air né dans les montagnes.
C’est exactement ce qui intéresse un festival d’histoire : comment une chanson, un film ou une image voyagent dans le temps et changent de sens en route. Les débats de la semaine devraient tirer ce fil, de la mémoire de la Résistance aux usages politiques d’aujourd’hui.
Le Jean-Eustache, une salle qui porte bien son nom
Le lieu compte aussi. Le cinéma de Pessac porte le nom de Jean Eustache, cinéaste né à Pessac en 1938 et auteur de La Maman et la Putain, Grand Prix spécial du jury à Cannes en 1973. Une salle de quartier, mais une vraie maison de cinéma, avec ses habitués, ses débats d’après-séance et cette ambiance de club que les multiplexes ne savent pas fabriquer.
Pendant le festival, le Jean-Eustache devient le centre de Pessac. Les scolaires viennent le matin, les étudiants le midi, les retraités l’après-midi et tout le monde le soir. On croise des historiens au bar, des réalisateurs dans la file d’attente, des lycéens qui découvrent qu’un film en noir et blanc peut leur coller des frissons. C’est ce mélange qui fait le charme du rendez-vous.
Le festival propose aussi trois compétitions, en plus de la rétrospective italienne. De quoi alterner les chefs-d’œuvre d’hier et les films qui feront parler demain.
Nanni Moretti pour finir en beauté
Et pour la clôture, le festival a sorti l’artillerie lourde. Il annonce en avant-première Les Cœurs affamés, le nouveau film de Nanni Moretti, titré Il sarà stasera en Italie. Moretti, c’est la voix ironique et inquiète du cinéma italien depuis les années 1970, Palme d’or en 2001 avec La Chambre du fils.
Ce nouveau film, coécrit avec Federica Pontremoli et Valia Santola, réunit notamment Louis Garrel et Jasmine Trinca. Il a été présenté à la Mostra de Venise. Le voir à Pessac avant sa sortie en salles, c’est un joli cadeau pour boucler six jours d’Italie.
Notre conseil entre fans : prends au moins une soirée et une matinée. Un grand classique le jour, un débat le soir, et tu repars avec l’impression d’avoir fait un vrai voyage, sans passer par l’aéroport. Le programme complet, les horaires et la billetterie sont sur le site du festival, cinema-histoire-pessac.fr. Les séances avec débats se remplissent vite, alors ne traîne pas.
De Machiavel à Meloni, de Magnani à Moretti, l’Italie débarque en Gironde. Ciao bella, et à bientôt dans la salle.
36e Festival international du film d’histoire de Pessac « Italie, Bella Ciao ! » — cinéma Jean-Eustache, place de la Ve République, Pessac — du mardi 17 au dimanche 22 novembre 2026 — programme, horaires et tarifs sur cinema-histoire-pessac.fr
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O partigiano, portami via
« BELLA CIAO » — chant des partisans italiens
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For six days, Pessac is going to speak Italian. From Tuesday 17 to Sunday 22 November 2026, the International History Film Festival celebrates its 36th edition at the Jean-Eustache cinema with a theme that smells of strong espresso and resistance: “Italie, Bella Ciao!”. Around fifty Italian films, debates with historians, black and white neorealism and, to close it all, a Nanni Moretti preview. Andiamo.
Six days, fifty films, a whole country

Every November, it’s the same story. The Jean-Eustache cinema, on Place de la Ve République, turns into a huge classroom where nobody gets bored. The Pessac International History Film Festival is one of those events film lovers in south-west France circle in their diary as soon as the leaves start to fall. The idea never changes: you watch films, then you talk about the history they tell with people who really know it.
This year, the festival picked a single country, and not just any country. Italy. The festival announces around fifty Italian films and some thirty debates with historians, geographers, political and scientific figures. Fiction, documentaries, great classics, recent films: everyone gets a seat at the table.
The title of this edition, “Italie, Bella Ciao!”, already says a lot. On one side, the partisans’ song, the one the whole of Europe ended up knowing by heart. On the other, a country that has never stopped telling its own story through cinema. The journey on offer runs from Machiavelli to Meloni. Five centuries of history, from Renaissance princes to the current prime minister, through fascism, the Liberation and the Years of Lead.
Behind the programme are François Aymé, the festival’s general delegate, and Julia Pereira, deputy general delegate. They present the edition to students themselves on the very first day, at a talk organised with the university. The tone is set: here, history is shared, not recited.
1946-2026: the Italian Republic turns 80
Why Italy, and why now? Because 2026 is an anniversary. On 2 June 1946, in a referendum, Italians chose the Republic and turned the page on the monarchy. Eighty years later, the festival opens on exactly that.
The opening lecture on Tuesday 17 November is given by Marc Lazar, one of France’s leading specialists of contemporary Italy. His subject: “1946-2026, the Italian Republic is 80”. A perfect way to set the scene before diving into the films.
And current affairs are never far away. On Thursday 19 November at 8.30pm, a round table organised with IJBA, Bordeaux’s journalism school, looks at the relationship between the Italian press and Giorgia Meloni’s government, in power since October 2022. A subject that also speaks to those of us who make news every day.
On Wednesday 18 November, another story takes the stage, more personal and very close to home: Italian emigration. Carmela Maltone-Bonnenfant, a specialist of the subject, comes to talk about it. In south-west France, many families carry a surname ending in “-i” or “-o”. They will know exactly what she means.
On Friday 20 November at 10am, historian Anne-Marie Cocula, a well-known figure of regional history, hosts an informal talk. A good excuse to take half a day off.
Rossellini, Magnani and the birth of neorealism

You can’t talk about Italy and cinema without neorealism. At the end of the war, Rome has barely come out of occupation. The studios lack everything. So Roberto Rossellini shoots in the streets, with professional actors and unknowns, in sets that aren’t sets at all. In 1945 he releases Rome, Open City. The film tells the story of the Roman resistance under German occupation. It wins the Grand Prix at the first post-war Cannes Film Festival, in 1946, and changes forever the way reality is filmed.
In that film, there is Anna Magnani. An actress who doesn’t act, she lives. Her run behind a truck, in a Roman street, remains one of the most heartbreaking scenes in film history. Opposite her, Aldo Fabrizi plays a priest helping the Resistance. Magnani went on to become a world star and even won the Oscar for best actress in 1956.
Rossellini followed with Paisà, released in 1946, which follows the Allied advance up through Italy, from Sicily to the Po delta, in six episodes. The festival screens it on Tuesday 17 November at 1.30pm and Thursday 19 November at 2pm. Seeing it on a big screen is understanding in one go why so many filmmakers, from the French New Wave to today, have looked towards Italy.
After Rossellini came Vittorio De Sica and his Bicycle Thieves in 1948, then Federico Fellini’s madness, Palme d’Or in 1960 with La Dolce Vita, and Luchino Visconti’s splendour, Palme d’Or in 1963 with The Leopard. Italy gave world cinema a big part of its vocabulary. The festival knows it well.
Bella Ciao, the song that crossed the ages

Back to the title. “Bella ciao” is linked to the Italian partisans who fought fascism and the occupiers during the Second World War. After the war it became the anthem of the Italian Resistance, sung in marches, schools and village fêtes. Then the whole world picked it up: demonstrations, stadiums, TV shows.
More recently, a whole generation discovered it through the Spanish series Money Heist (La casa de papel), launched in 2017. The song that once marched with the partisans became the song of a gang of robbers in red jumpsuits. Not bad, as journeys go, for a tune born in the mountains.
That is exactly what interests a history festival: how a song, a film or an image travels through time and changes meaning along the way. The week’s debates should pull that thread, from the memory of the Resistance to today’s political uses.
The Jean-Eustache, a cinema worthy of its name
The venue matters too. The Pessac cinema is named after Jean Eustache, a filmmaker born in Pessac in 1938 and director of The Mother and the Whore, winner of the Grand Prix of the jury at Cannes in 1973. A neighbourhood cinema, but a true home of film, with its regulars, its after-screening debates and that club atmosphere multiplexes just can’t manufacture.
During the festival, the Jean-Eustache becomes the heart of Pessac. School groups come in the morning, students at lunchtime, retirees in the afternoon and everyone in the evening. You bump into historians at the bar, directors in the queue, teenagers discovering that a black and white film can give them goosebumps. That mix is what makes the event so special.
The festival also runs three competitions, alongside the Italian retrospective. Plenty to switch between yesterday’s masterpieces and the films people will talk about tomorrow.
Nanni Moretti for a grand finale
And for the closing night, the festival brought out the big guns. It announces a preview of Les Cœurs affamés, Nanni Moretti’s new film, titled Il sarà stasera in Italy and It Will Happen Tonight in English. Moretti has been the ironic, anxious voice of Italian cinema since the 1970s, and won the Palme d’Or in 2001 with The Son’s Room.
The new film, co-written with Federica Pontremoli and Valia Santola, stars Louis Garrel and Jasmine Trinca among others. It was presented at the Venice Film Festival. Seeing it in Pessac before its cinema release is a lovely gift to wrap up six days of Italy.
Our tip, fan to fan: take at least one evening and one morning. A great classic by day, a debate at night, and you’ll leave feeling you’ve really travelled, without going near an airport. The full programme, times and tickets are on the festival website, cinema-histoire-pessac.fr. Screenings with debates fill up fast, so don’t hang about.
From Machiavelli to Meloni, from Magnani to Moretti, Italy lands in the Gironde. Ciao bella, and see you in the cinema.
36th Pessac International History Film Festival “Italie, Bella Ciao!” — Jean-Eustache cinema, Place de la Ve République, Pessac (near Bordeaux) — Tuesday 17 to Sunday 22 November 2026 — programme, times and prices on cinema-histoire-pessac.fr
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O partigiano, portami via
“BELLA CIAO” — song of the Italian partisans

Durante seis días, Pessac va a hablar italiano. Del martes 17 al domingo 22 de noviembre de 2026, el Festival Internacional de Cine de Historia celebra su 36.ª edición en el cine Jean-Eustache con un tema que huele a café cortado y a resistencia: «Italie, Bella Ciao!». Una cincuentena de películas italianas, debates con historiadores, neorrealismo en blanco y negro y, para terminar, un Nanni Moretti en preestreno. Andiamo.
Seis días, cincuenta películas, un país entero

Cada noviembre pasa lo mismo. El cine Jean-Eustache, en la plaza de la Ve République, se convierte en una enorme aula donde nadie se aburre. El Festival Internacional de Cine de Historia de Pessac es una de esas citas que los cinéfilos del suroeste de Francia marcan en la agenda en cuanto empiezan a caer las hojas. La idea no cambia: se ven películas y luego se habla de la historia que cuentan con gente que la conoce de verdad.
Este año, el festival ha elegido un solo país, y no uno cualquiera. Italia. El festival anuncia una cincuentena de películas italianas y una treintena de debates con historiadores, geógrafos y personalidades políticas o científicas. Ficción, documental, grandes clásicos, películas recientes: todos tienen sitio en la mesa.
El título de la edición, «Italie, Bella Ciao!», ya dice mucho. Por un lado, la canción de los partisanos, la que toda Europa acabó sabiéndose de memoria. Por otro, un país que nunca ha dejado de contarse a través de su cine. El recorrido anunciado va de Maquiavelo a Meloni. Cinco siglos de historia, de los príncipes del Renacimiento a la actual presidenta del Consejo, pasando por el fascismo, la Liberación y los años de plomo.
Detrás de la programación están François Aymé, delegado general del festival, y Julia Pereira, delegada general adjunta. Ellos mismos presentan esta edición a los estudiantes desde el primer día, en un encuentro organizado con la universidad. El tono está claro: aquí la historia se comparte, no se recita.
1946-2026: la República italiana cumple 80 años
¿Por qué Italia, y por qué ahora? Porque 2026 es un aniversario. El 2 de junio de 1946, en referéndum, los italianos eligieron la República y pasaron página a la monarquía. Ochenta años después, el festival se abre justo con eso.
La conferencia inaugural del martes 17 de noviembre corre a cargo de Marc Lazar, uno de los grandes especialistas franceses en la Italia contemporánea. Su tema: «1946-2026, la República italiana cumple 80 años». Perfecto para situar el contexto antes de sumergirse en las películas.
Y la actualidad nunca está lejos. El jueves 19 de noviembre a las 20:30, una mesa redonda organizada con el IJBA, la escuela de periodismo de Burdeos, analiza las relaciones entre la prensa italiana y el gobierno de Giorgia Meloni, en el poder desde octubre de 2022. Un tema que también nos toca a quienes hacemos información cada día.
El miércoles 18 de noviembre llega otra historia, más íntima y muy cercana: la de la emigración italiana. Carmela Maltone-Bonnenfant, especialista en el tema, viene a hablar de ello. En el suroeste de Francia, muchas familias llevan un apellido que termina en «-i» o en «-o». Sabrán perfectamente de qué se habla.
El viernes 20 de noviembre a las 10:00, la historiadora Anne-Marie Cocula, figura muy conocida de la historia regional, propone una charla. Una buena excusa para tomarse media jornada libre.
Rossellini, Magnani y el nacimiento del neorrealismo

No se puede hablar de Italia y de cine sin pasar por el neorrealismo. Al final de la guerra, Roma apenas sale de la ocupación. A los estudios les falta de todo. Así que Roberto Rossellini rueda en la calle, con actores profesionales y desconocidos, en decorados que no lo son. En 1945 estrena Roma, ciudad abierta. La película cuenta la resistencia romana bajo la ocupación alemana. Recibe el Gran Premio en el primer Festival de Cannes de la posguerra, en 1946, y cambia para siempre la manera de filmar la realidad.
En esa película está Anna Magnani. Una actriz que no actúa, que vive. Su carrera detrás de un camión, en una calle de Roma, sigue siendo una de las escenas más desgarradoras de la historia del cine. Frente a ella, Aldo Fabrizi interpreta a un cura que ayuda a la Resistencia. Magnani se convertiría en una estrella mundial e incluso ganaría el Óscar a la mejor actriz en 1956.
Rossellini continúa con Paisà, estrenada en 1946, que sigue el avance aliado por Italia, de Sicilia al delta del Po, en seis episodios. El festival la proyecta el martes 17 de noviembre a las 13:30 y el jueves 19 de noviembre a las 14:00. Verla en pantalla grande es entender de golpe por qué tantos cineastas, de la Nouvelle Vague hasta hoy, han mirado hacia Italia.
Después de Rossellini llegarán Vittorio De Sica y su Ladrón de bicicletas en 1948, la locura de Federico Fellini, Palma de Oro en 1960 con La dolce vita, y el esplendor de Luchino Visconti, Palma de Oro en 1963 con El gatopardo. Italia le dio al cine mundial buena parte de su vocabulario. El festival lo sabe bien.
Bella Ciao, la canción que atravesó las épocas

Volvamos al título. «Bella ciao» está asociada a los partisanos italianos que combatieron el fascismo y al ocupante durante la Segunda Guerra Mundial. Tras la guerra se convierte en el himno de la Resistencia italiana, cantada en manifestaciones, escuelas y fiestas de pueblo. Después el mundo entero la hace suya: protestas, estadios, platós de televisión.
Más recientemente, toda una generación la descubrió gracias a la serie española La casa de papel, lanzada en 2017. La canción que acompañaba a los partisanos pasó a ser la de una banda de atracadores con mono rojo. No está mal, como recorrido, para una melodía nacida en las montañas.
Eso es justo lo que le interesa a un festival de historia: cómo una canción, una película o una imagen viajan en el tiempo y cambian de sentido por el camino. Los debates de la semana deberían tirar de ese hilo, de la memoria de la Resistencia a los usos políticos de hoy.
El Jean-Eustache, una sala que hace honor a su nombre
El lugar también cuenta. El cine de Pessac lleva el nombre de Jean Eustache, cineasta nacido en Pessac en 1938 y autor de La mamá y la puta, Gran Premio del Jurado en Cannes en 1973. Una sala de barrio, pero una verdadera casa del cine, con sus habituales, sus debates después de la sesión y ese ambiente de club que los multicines no saben fabricar.
Durante el festival, el Jean-Eustache se convierte en el centro de Pessac. Los colegios vienen por la mañana, los estudiantes a mediodía, los jubilados por la tarde y todo el mundo por la noche. Te cruzas con historiadores en el bar, con directores en la cola, con adolescentes que descubren que una película en blanco y negro puede ponerles la piel de gallina. Esa mezcla es la magia de la cita.
El festival propone además tres competiciones, junto a la retrospectiva italiana. Para alternar las obras maestras de ayer y las películas de las que se hablará mañana.
Nanni Moretti para cerrar a lo grande
Y para la clausura, el festival ha sacado la artillería pesada. Anuncia en preestreno Les Cœurs affamés, la nueva película de Nanni Moretti, titulada Il sarà stasera en Italia. Moretti es la voz irónica e inquieta del cine italiano desde los años setenta, Palma de Oro en 2001 con La habitación del hijo.
Esta nueva película, coescrita con Federica Pontremoli y Valia Santola, reúne entre otros a Louis Garrel y Jasmine Trinca. Se presentó en la Mostra de Venecia. Verla en Pessac antes de su estreno en salas es un bonito regalo para cerrar seis días de Italia.
Nuestro consejo entre fans: resérvate al menos una tarde y una mañana. Un gran clásico de día, un debate de noche, y te irás con la sensación de haber viajado de verdad, sin pisar un aeropuerto. El programa completo, los horarios y las entradas están en la web del festival, cinema-histoire-pessac.fr. Las sesiones con debate se llenan rápido, así que no te duermas.
De Maquiavelo a Meloni, de Magnani a Moretti, Italia desembarca en la Gironda. Ciao bella, y nos vemos en la sala.
36.º Festival Internacional de Cine de Historia de Pessac «Italie, Bella Ciao!» — cine Jean-Eustache, plaza de la Ve République, Pessac (junto a Burdeos) — del martes 17 al domingo 22 de noviembre de 2026 — programa, horarios y precios en cinema-histoire-pessac.fr
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O partigiano, portami via
«BELLA CIAO» — canción de los partisanos italianos



