INSOLITE : FACTEUR DE MANCHOTS EN ANTARCTIQUE
Port Lockroy, île Goudier, péninsule Antarctique

Au départ, on cherchait un gardien d’ours en Antarctique. Mauvaise nouvelle : les ours polaires vivent au pôle Nord, à 20 000 kilomètres de là. Bonne nouvelle : au pôle Sud, il existe un job encore plus fou. Trier le courrier, tenir une boutique de souvenirs et compter des manchots, cinq mois par an, sur une île grande comme un parking de supermarché. Sérieux, ça existe vraiment ? Oui. Et des milliers de gens postulent.
Le bureau de poste du bout du monde
Direction Port Lockroy, une petite baie de la péninsule Antarctique. Au milieu, un caillou : l’île Goudier. Dessus, une cabane en bois noire aux volets rouges, Bransfield House. C’est un musée, une boutique et surtout un bureau de poste, présenté comme le plus austral du monde ouvert au public. Les passagers des bateaux de croisière y débarquent, achètent une carte postale, la timbrent et repartent. La carte, elle, prend son temps : elle traverse l’océan avant d’arriver chez mamie.
Les chiffres de la saison 2025-2026, publiés par le UK Antarctic Heritage Trust, l’association britannique qui gère le site, font sourire. L’équipe a passé 128 jours sur l’île. Elle a traité 366,5 kilos de courrier, soit environ 50 000 cartes postales. Elle a vu passer 189 bateaux et voiliers, 22 743 visiteurs, dont 11 450 ont posé le pied sur l’île. Et des baleines à bosse ont été aperçues 118 jours sur 128. Pas mal pour un bureau de poste.
Le vrai boss : le manchot papou
Autour de la cabane, il y a des colocataires bruyants : une colonie de manchots papous. Ils nichent littéralement au pied des murs, construisent leurs nids avec des petits cailloux et ne demandent l’avis de personne. Compter les nids et suivre la colonie fait partie du job. Ce suivi scientifique existe depuis 1996 : il sert à vérifier si la présence des touristes dérange les oiseaux.
La meilleure anecdote vient d’une étude publiée en 2023. Pendant les années Covid, le site a fermé et plus personne n’est venu. Résultat : plus de 1 000 couples de manchots sont venus nicher autour de la base, alors qu’avant ils préféraient d’autres coins de la baie. Les manchots ont fait comme nous pendant le confinement : ils ont pris le salon.
Une base secrète de la Seconde Guerre mondiale
La cabane n’est pas là par hasard. Elle a été construite en 1944 pendant l’opération Tabarin, une mission britannique secrète menée en pleine guerre pour installer une présence permanente en Antarctique. On l’appelle la Base A. Une partie de son bois a été récupérée dans une ancienne station baleinière abandonnée, sur l’île de la Déception. Des scientifiques y ont vécu de 1944 à 1962, dans des conditions très rustiques.
Abandonnée ensuite, la base a été nettoyée et restaurée en 1996 : pendant neuf semaines, une équipe a sorti les déchets et le guano de manchot accumulés. Depuis 2006, c’est le UK Antarctic Heritage Trust qui gère tout. Le site est classé monument historique du traité sur l’Antarctique.
Le job : qui peut postuler ?
Chaque année, l’association recrute une petite équipe : un chef de base, un responsable de boutique, un postier et des assistants polyvalents, plus des renforts pour les travaux de conservation. La saison dure environ cinq mois, de novembre à mars, pendant l’été austral. Les conditions demandées dans les annonces passées : avoir au moins 18 ans et avoir le droit de travailler au Royaume-Uni. Donc oui, un passeport britannique ou un titre de séjour aide beaucoup.
Côté confort, la presse britannique a résumé l’annonce en une phrase : pas de wifi digne de ce nom, pas d’eau courante. Bref, on vient pour les manchots, pas pour le spa. L’équipe varie entre quatre et huit personnes selon les moments de la saison. En 2025-2026, 14 personnes au total se sont relayées sur l’île.
Sauver la cabane du réchauffement
Le job n’est pas qu’une carte postale. Le climat change vite dans la péninsule Antarctique, et la vieille cabane souffre. L’association a lancé un plan de trois ans pour protéger Port Lockroy. Après une première saison de stabilisation, l’équipe 2026-2027 s’attaque à de grosses réparations de structure sur Bransfield House. C’est la plus grosse saison de conservation de son histoire, d’après le Trust.
Pour la cheffe de base Lisa Ford, la saison 2025-2026 était la troisième d’affilée sur l’île. Comme quoi, quand on a goûté au bureau de poste des manchots, on y revient.
Le verdict TCHACC
Gardien d’ours en Antarctique : ça n’existe pas, désolé. Facteur, vendeur de souvenirs et compteur de manchots en Antarctique : ça existe vraiment, et c’est même un des jobs les plus demandés de la planète. Si toi aussi tu rêves de bouts du monde, va suivre Alexia Barrier sur la Route du Rhum, ou cherche un lieu plus proche sur la carte des TCHACC Points.
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Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements.
Proverbe scandinave

We started out looking for a bear keeper in Antarctica. Bad news: polar bears live at the North Pole, 20,000 kilometres away. Good news: down at the South Pole there is an even crazier job. Sorting mail, running a gift shop and counting penguins, five months a year, on an island the size of a supermarket car park. Seriously, is this for real? Yes. And thousands of people apply.
The post office at the end of the world
Head for Port Lockroy, a small bay on the Antarctic Peninsula. In the middle sits a rock called Goudier Island. On it stands a black wooden hut with red shutters: Bransfield House. It is a museum, a shop and above all a post office, billed as the southernmost one in the world open to the public. Cruise passengers land, buy a postcard, stamp it and leave. The card takes its time: it crosses the ocean before it reaches grandma.
The 2025-2026 season figures, published by the UK Antarctic Heritage Trust, the British charity that runs the site, are a joy. The team spent 128 days on the island. It handled 366.5 kilos of mail, around 50,000 postcards. It welcomed 189 ships and yachts and 22,743 visitors, 11,450 of whom set foot on the island. Humpback whales were spotted on 118 of those 128 days. Not bad for a post office.
The real boss: the gentoo penguin
Around the hut live some noisy flatmates: a colony of gentoo penguins. They nest right against the walls, build their nests out of small pebbles and ask nobody’s permission. Counting nests and monitoring the colony is part of the job. This scientific monitoring has been going on since 1996, to check whether tourists disturb the birds.
The best story comes from a study published in 2023. During the Covid years the site closed and nobody came. Result: more than 1,000 penguin pairs moved in to nest around the base, when they used to prefer other spots in the bay. The penguins did what we all did in lockdown: they took over the living room.
A secret Second World War base
The hut is not there by chance. It was built in 1944 during Operation Tabarin, a secret British wartime mission to set up a permanent presence in Antarctica. It is known as Base A. Some of its timber was salvaged from an abandoned whaling station on Deception Island. Scientists lived there from 1944 to 1962, in very basic conditions.
Later abandoned, the base was cleaned up and restored in 1996: for nine weeks a team cleared out the rubbish and the penguin guano. Since 2006 the UK Antarctic Heritage Trust has been in charge. The site is listed as a Historic Site and Monument under the Antarctic Treaty.
The job: who can apply?
Every year the charity recruits a small team: a base leader, a shop manager, a postmaster and general assistants, plus extra hands for the conservation work. The season lasts about five months, from November to March, during the southern summer. Past job ads asked for two things: being at least 18 and having the right to work in the UK.
As for comfort, the British press summed up the ad in one line: no proper wifi, no running water. In short, you come for the penguins, not for the spa. The team varies between four and eight people over the season. In 2025-2026, 14 people in total took turns on the island.
Saving the hut from global warming
The job is not just a postcard. The climate is changing fast on the Antarctic Peninsula and the old hut is suffering. The charity has launched a three-year plan to protect Port Lockroy. After a first season of stabilisation, the 2026-2027 team is tackling major structural repairs to Bransfield House, the biggest conservation season in its history according to the Trust.
For base leader Lisa Ford, 2025-2026 was a third season in a row on the island. Once you have tasted the penguin post office, you come back.
The TCHACC verdict
Bear keeper in Antarctica: sorry, not a thing. Postman, souvenir seller and penguin counter in Antarctica: totally real, and one of the most sought-after jobs on the planet. If you dream of the ends of the earth too, follow Alexia Barrier on the Route du Rhum, or find somewhere closer on the TCHACC Points map.
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There is no bad weather, only bad clothes.
Scandinavian proverb

Al principio buscábamos un guardián de osos en la Antártida. Mala noticia: los osos polares viven en el Polo Norte, a 20 000 kilómetros. Buena noticia: en el Polo Sur existe un trabajo todavía más loco. Clasificar el correo, llevar una tienda de recuerdos y contar pingüinos, cinco meses al año, en una isla del tamaño de un aparcamiento de supermercado. En serio, ¿esto existe de verdad? Sí. Y miles de personas se presentan.
La oficina de correos del fin del mundo
Rumbo a Port Lockroy, una pequeña bahía de la península Antártica. En medio, una roca: la isla Goudier. Encima, una cabaña de madera negra con contraventanas rojas, Bransfield House. Es un museo, una tienda y sobre todo una oficina de correos, presentada como la más austral del mundo abierta al público. Los pasajeros de los cruceros desembarcan, compran una postal, la sellan y se van. La postal se toma su tiempo: cruza el océano antes de llegar a casa de la abuela.
Las cifras de la temporada 2025-2026, publicadas por el UK Antarctic Heritage Trust, la asociación británica que gestiona el lugar, hacen sonreír. El equipo pasó 128 días en la isla. Gestionó 366,5 kilos de correo, unas 50 000 postales. Recibió 189 barcos y veleros y 22 743 visitantes, de los cuales 11 450 pisaron la isla. Y se vieron ballenas jorobadas 118 días de 128. Nada mal para una oficina de correos.
El verdadero jefe: el pingüino papúa
Alrededor de la cabaña viven unos compañeros de piso ruidosos: una colonia de pingüinos papúa. Anidan pegados a las paredes, construyen sus nidos con piedrecitas y no piden permiso a nadie. Contar los nidos y seguir la colonia forma parte del trabajo. Este seguimiento científico existe desde 1996 para comprobar si los turistas molestan a las aves.
La mejor anécdota viene de un estudio publicado en 2023. Durante los años del Covid el lugar cerró y no vino nadie. Resultado: más de 1 000 parejas de pingüinos se instalaron alrededor de la base, cuando antes preferían otros rincones de la bahía. Los pingüinos hicieron como nosotros en el confinamiento: se quedaron con el salón.
Una base secreta de la Segunda Guerra Mundial
La cabaña no está ahí por casualidad. Se construyó en 1944 durante la operación Tabarin, una misión británica secreta en plena guerra para establecer una presencia permanente en la Antártida. Se la conoce como Base A. Parte de su madera se recuperó de una antigua estación ballenera abandonada en la isla Decepción. Allí vivieron científicos de 1944 a 1962, en condiciones muy rústicas.
Abandonada después, la base fue limpiada y restaurada en 1996: durante nueve semanas un equipo sacó la basura y el guano de pingüino acumulados. Desde 2006 la gestiona el UK Antarctic Heritage Trust. El lugar está protegido como sitio y monumento histórico del Tratado Antártico.
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El trabajo: ¿quién puede presentarse?
Cada año la asociación contrata a un pequeño equipo: un jefe de base, un responsable de tienda, un cartero y asistentes polivalentes, además de refuerzos para las obras de conservación. La temporada dura unos cinco meses, de noviembre a marzo, durante el verano austral. Las ofertas anteriores pedían tener al menos 18 años y el derecho a trabajar en el Reino Unido.
En cuanto a comodidad, la prensa británica resumió la oferta en una frase: sin wifi decente, sin agua corriente. En resumen, se viene por los pingüinos, no por el spa. El equipo varía entre cuatro y ocho personas según el momento. En 2025-2026, 14 personas en total se turnaron en la isla.
Salvar la cabaña del calentamiento
El trabajo no es solo una postal. El clima cambia rápido en la península Antártica y la vieja cabaña sufre. La asociación ha lanzado un plan de tres años para proteger Port Lockroy. Tras una primera temporada de estabilización, el equipo 2026-2027 aborda grandes reparaciones estructurales en Bransfield House, la mayor temporada de conservación de su historia según el Trust.
Para la jefa de base Lisa Ford, 2025-2026 fue su tercera temporada seguida en la isla. Quien prueba la oficina de correos de los pingüinos, repite.
El veredicto TCHACC
Guardián de osos en la Antártida: lo sentimos, no existe. Cartero, vendedor de recuerdos y contador de pingüinos en la Antártida: existe de verdad, y es uno de los trabajos más solicitados del planeta. Si tú también sueñas con el fin del mundo, sigue a Alexia Barrier en la Route du Rhum o busca un lugar más cercano en el mapa de los TCHACC Points.
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No hay mal tiempo, solo ropa inadecuada.
Proverbio escandinavo






